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Studio NezSens
NezSens · Art-thérapie

Les Jardins
Suspendus

Ni tout à fait dans le temps.
Ni hors de lui.
Un pas de côté. Un espace pour respirer.

Sur cette page

  • Présentation
  • Origine
  • 4 piliers
  • Kaïros
  • Ancrages théoriques
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Présentation de la vision

C’est un espace-temps particulier où quelque chose peut se déposer, se déplacer, ou simplement respirer. Face à la souffrance, je ne cherche pas l’affrontement frontal. Je propose un pas de côté — non pas pour fuir ce qui est difficile, mais pour créer un interstice entre la personne et sa douleur, pour donner de l’oxygène à ce qui, en elle, demeure vivant.

Lire la vision complète ↓

Ce feu n’a rien de mystique. C’est simplement ce qui anime quelqu’un. Ce qui le fait encore battre.

Dans cet espace, ce qui se fait importe moins que le fait de s’autoriser à y entrer. Tremper les mains dans l’eau et la terre. Gribouiller. Bouger. Se taire. Ne rien produire. Laisser la subjectivité façonner quelque chose — ou rien du tout.

Ce qui se construit dans cet espace appartient à la personne. Elle peut se l’approprier, ou non. Mon rôle est de veiller à ce que cet espace reste sécurisant, éthiquement cadré, orienté vers la bientraitance envers soi-même. Pas vers la performance. Pas vers la comparaison. Pas vers la culpabilité.

Un espace où, pour un temps, on se fout la paix.

D’où ça vient

À l’origine, une question clinique simple et peu élégante.

Comment aider quelqu’un à évacuer ce qui l’encombre — physiquement, psychiquement — quand la parole seule ne suffit pas ? Comment soulager une tension qui n’a pas de mots, décompresser ce qui s’est accumulé, lâcher ce qu’on ne sait même plus qu’on tient ?

Avant les Jardins Suspendus, il y avait une image bien moins poétique : celle d’une chasse d’eau. Symbolique, certes. Mais juste dans ce qu’elle dit — le corps sait évacuer. Il faut parfois lui en créer les conditions.

C’est de cette question brute, venue de la clinique, que sont nés les outils, les orientations, les espaces. Le jardin est arrivé après. Mais c’est l’urgence qui l’a rendu nécessaire.

Approche initiée en 2006 — nourrie par les travaux de Winnicott, Damasio, Van der Kolk, Dolto, Hubert Godard, Jean-Pierre Royol et Fabrice Midal.
Quatre Piliers
Niksen — espace zen

Niksen

Contempler · laisser faire

Laisser vagabonder l’esprit sans le tenir ni se concentrer. Ne pas faire pour faire — laisser faire.

Ne rien faire n’existe pas vraiment. On fait toujours quelque chose. Ici, on s’autorise simplement à ne pas faire pour faire — à laisser l’esprit vagabonder. Pas la méditation. Pas une technique. Juste : s’arrêter. Laisser passer. Être là sans rien en attendre.
Farniente — détente

Farniente

Détente · sieste

Comme le Niksen — mais ici, s’endormir est pleinement légitime. Qu’on dorme ou non : les deux sont valides.

Déculpabiliser le repos. Dans cet espace, la personne ne sera ni mieux vue si elle reste éveillée, ni moins bien considérée si elle s’endort. C’est un entraînement discret mais profond : apprendre à détacher la valeur de soi de ses actions. Être suffit.
Créativité — cabinet NezSens

Créativité

Expression · passage

Pas une invitation à produire. Un terrain de détachement. Ce qui émerge n’a pas de statut. C’est un passage.

Écriture automatique, gribouillis, sable cinétique, aimants, instruments accessibles à tous — enfants comme adultes. Avant toute proposition artistique, la personne a souvent besoin de se délier de la valeur accordée à ses actions et de la dépendance au regard de l’autre. Ce quadrant est l’espace où ce travail commence. Discrètement. Par le faire, pas par la réflexion.
Plaisir — espace de jeu

Plaisir

Jeu · soin · massage

Fil d’Ariane du parcours. Se faire du bien avec peu. Sans culpabilité.

Balle de tennis en automassage, balles à picots, mandala, musique choisie, jeu calme. Ce quadrant ouvre une question : qu’est-ce qui me ferait du bien demain ? Un bain chaud. Dix minutes sans écran. Des gestes simples, à portée de main, qui peuvent devenir des habitudes de bientraitance bien au-delà de la séance.
Kaïros — le moment juste

Dans cet espace, rien n’est programmé. Quelque chose émerge toujours — précisément parce que les conditions sont là. Ces instants ne sont pas des accidents. Ce sont des portes.

La craie et les larmes — illustration

Traumatisme

La craie et les larmes

Elle ne savait pas quoi faire de cet espace. Un jour, elle touche une craie posée là.

Les premières séances sont difficiles. Elle ne sait pas quoi faire de cet espace. Elle demande mon avis, cherche à faire ce qui serait bien, ce qui me ferait plaisir. L’angoisse remonte vite dès que rien ne la guide. Je ne la laisse pas prendre le dessus. Mais je ne précipite rien non plus. Je pars toujours du réel de la séance — ce qui est là, ce qui est regardé, ce qui est effleuré. Un objet, un mot, une image, un regard posé quelque part sans le savoir. Ce jour-là, c’est elle qui touche une craie, sans intention particulière. Je m’appuie sur ce geste — je lui propose simplement d’étaler avec ses doigts. Pas d’écrire. Pas de dessiner. Juste ça. Elle y passe longtemps. Ses gestes ralentissent. À un moment, elle ajoute quelques gouttes d’eau sur le tableau noir. Elle regarde les traces qui descendent. Ça a pleuré.
La boule jaune — illustration

Séance libre

La boule jaune

Elle était venue pour danser. En séance, quelque chose d’autre s’est passé.

Elle vient pour danser. C’est ce qu’elle dit en arrivant. En séance, elle ne danse pas. Ça arrive souvent — on arrive avec une idée, et quelque chose d’autre se passe. Son regard s’arrête sur une grande boule jaune de 80 cm. Elle ne sait pas quoi en faire. Je ne nomme pas l’objet — pas son usage technique, pas sa fonction supposée. Je laisse la rencontre avoir lieu. Elle l’envoie balader. Puis la berce. La cajole. Elle finit la séance blottie dessus, à écouter ce qui se passe à l’intérieur. Elle était venue pour danser. Elle a dansé autrement.
L'écriture illisible — illustration

Écriture automatique

L’écriture illisible

Il grimace dès qu’il voit le papier. L’écriture lui renvoie l’école.

Il grimace dès qu’il voit le papier. L’écriture lui renvoie l’école — la faute, le regard, la correction. Je lui dis simplement : personne ne relira ce que tu écris. Ni moi. Ni toi. Et je lui propose, une fois la page remplie, de réécrire par-dessus — jusqu’à rendre le texte entièrement illisible. L’idée l’intrigue. Éveille quelque chose. D’une seule traite, pendant dix minutes, il écrit sans s’arrêter. Le flot de ses pensées, sans filtre, sans relecture, sans destination. Il termine soulagé. Presque amusé. Il avait été le seul dépositaire de ce qui venait d’être écrit. « Lavé. »
La craie qui se brise — illustration

Le raté

La craie qui se brise

À peine le geste amorcé, la craie se brise. Des sons émergent.

Elle commence à dessiner sur le tableau noir. À peine le geste amorcé, la craie se brise — plusieurs morceaux tombent et rebondissent sur un balafon posé là, en dessous. Des sons émergent. Inattendus. Disparates. Elle s’arrête, surprise. Pas effrayée — surprise. Je ne commente pas. Je laisse. C’est elle qui, quelques secondes plus tard, prend un morceau de craie et le laisse tomber volontairement. Puis un autre. Elle joue avec la hauteur, l’angle, la taille des morceaux. La gravité compose à sa place. Ce qui avait commencé comme un raté devient une exploration. La surprise — qui jusque-là était surtout vécue comme un danger — prend ici une autre couleur. On avait commencé une chose. On ne savait pas où ça allait emmener. C’est exactement ça.
Ancrages théoriques

Françoise Dolto

Pédiatre et psychanalyste française

Tout est langage

Avant même la parole articulée, le corps parle. Ce que la personne ne dit pas, elle le tient, le porte, le contracte. L’espace des Jardins Suspendus est d’abord une invitation à laisser ce langage-là exister — sans le traduire immédiatement.

Hubert Godard

Chercheur en analyse du mouvement, université Paris VIII

La posture est nichée dans l’imaginaire

Ce que nous imaginons façonne la façon dont nous habitons notre corps. Inversement, bouger autrement ouvre d’autres imaginaires. Le travail sensoriel et postural n’est jamais neutre — il touche à l’identité profonde.

Bessel van der Kolk

Psychiatre et chercheur en traumatologie, Boston University

Le corps n’oublie rien

Le traumatisme s’inscrit dans le corps avant de trouver des mots. Les médiations sensorielles — toucher, matière, mouvement, son — offrent une voie d’accès que la parole seule ne peut pas toujours emprunter.

Antonio Damasio

Neurologue et neuroscientifique, University of Southern California

L’erreur de Descartes

Les émotions ne sont pas des obstacles à la cognition — elles en sont le fondement. Accueillir ce qui se passe dans le corps, c’est accéder à une forme de connaissance de soi irréductible.

Donald Winnicott

Pédiatre et psychanalyste britannique

L’espace transitionnel

Entre le dedans et le dehors existe un espace intermédiaire — ni réalité objective, ni monde intérieur pur — où quelque chose peut se créer librement. C’est exactement ce que les Jardins Suspendus cherchent à ouvrir.

Carl Rogers

Psychologue humaniste américain, fondateur de l’approche centrée sur la personne

La relation d’aide non directive

Confiance inconditionnelle dans les ressources de la personne. Absence de jugement. Présence bienveillante sans agenda. Ces trois principes traversent chaque séance.

Jean-Pierre Royol

Art-thérapeute, précurseur de l’art-thérapie contemporaine en France

Le souffle du neutre

Ni méditation, ni respiration dirigée — un état d’équilibre sensoriel qui permet la circulation entre les parts de soi. Royol a nommé ce que la pratique cherche à créer : un espace où rien n’est forcé, où tout peut traverser.

Fabrice Midal

Philosophe et fondateur de l’École occidentale de méditation

Foutez-vous la paix

La bientraitance envers soi-même n’est pas un luxe ni une faiblesse. C’est un acte. Cette permission radicale de se délier de la performance et du regard de l’autre est au cœur du quadrant Plaisir.

Éthique
  • Aucune interprétation, même si demandée — l’objectif est de préserver la subjectivité de la personne, non de l’objectiver
  • En groupe : aucun commentaire sur ce qui est créé ou non — ni j’aime, ni j’aime pas
  • Ce qui se passe dans cet espace appartient entièrement à la personne
  • Cet espace ne se substitue pas à un suivi psychologique ou psychiatrique
Mickaël Chalopin
À propos de l’auteur

Mickaël Chalopin

Danseur · Clown · Art-thérapeute · Formateur

Après plus de vingt ans de médiation corporelle et artistique — cirque, butô, clown, danse contemporaine — Mickaël Chalopin a développé cette approche à partir de 2016, à la croisée de la danse-thérapie et de l’art-thérapie. Diplômé d’État en danse contemporaine, certifié RNCP niveau 6 en art-thérapie, il a expérimenté ces outils dans des contextes très différents : groupes en insertion professionnelle, accompagnements individuels, partenariats avec des psychologues et psychiatres cliniciens.

Les Jardins Suspendus ne sont pas une méthode figée. C’est une pratique vivante, née de la clinique et de l’expérience sensible — et qui continue d’évoluer.

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14
15 juin 2026
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